Pourquoi balayer la RSE et embrasser l'impact

Velina Serafimov Velina Serafimov 24 mai 2019

Tout d’abord, petite remise en perspective.. Quels sont les objectifs de la RSE et de l’approche ESG déjà?

 

Toute entreprise a des impacts négatifs ou du moins, des risques d’impacts négatifs dûs à son activité, son existence, ses opérations. Ce que la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), dans le contexte d’une entreprise, ou l’approche ESG (critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans le contexte de l’investissement font, c’est principalement de limiter ces impacts négatifs ou risques d’impacts négatifs, dans le but de faire durer la mission de profit de l’entreprise. Car moins il y a d’impacts négatifs, moins il y a de dégâts réputationnels ainsi que de procès, amendes, ou même simples charges (économies d’électricité, d’eau etc).

 

En théorie, il n’y a rien de fondamentalement mauvais dans les approches ESG et RSE. Communément, c’est d'ailleurs ce qu’on appelle le développement durable.

 

Sauf qu’en pratique, cette approche ne fonctionne pas pour résoudre de grands enjeux sociaux et environnementaux. Car on ira jamais suffisamment loin dans la résolution de nos problèmes tant que le but premier d’une entreprise restera le profit. Hors, dans une entreprise qui n’est pas d’impact (et dont la mission première est de faire du profit), à la première manifestation de baisse de profit, les initiatives de RSE sont souvent rapidement jetées aux oubliettes.

Face à l’ampleur des conséquences de notre activité humaine sur notre planète, il semble donc que ce n’est pas avec une telle approche qu’on arrivera à résoudre à temps les problèmes actuels: changements climatiques, pertes de biodiversité, pollution, problèmes de santé publique, inégalités extrêmes, et j’en passe. Parmi tous ces enjeux, les Nations Unies ont plutôt bien fait leur boulot en définissant les problèmes les plus urgents à résoudre au travers des 17 Objectifs de Développement Durable. Ces 17 objectifs sont adressés aux gouvernements mais la réalité, c’est qu’au delà des gouvernements, ce sont surtout les entreprises et les industries qui ont un rôle à jouer.

Pour s’attaquer à ces objectifs efficacement, nul doute désormais que l’ESG et la RSE ont montré leurs inévitables limites, limites se traduisant dans le greenwashing abusif dont sont responsables majorité d’entreprises et qui malheureusement discréditent auprès des consommateurs l’ensemble des initiatives sociales et environnementales corporatives.  La vraie solution, c’est de balayer ces deux approches, être bien plus ambitieux et pratiquer l’approche par l’impact.

 

La résilience des humains et des écosystèmes, ou l’absurde statu quo actuel.

 

En réponse aux conséquences de notre activité humaine sur la planète, on a rétorqué sans cesse l’argument de la résilience humaine, la résilience des écosystèmes, la résilience de la biodiversité etc.  

Mais les conséquences des activités industrielles ont aujourd'hui largement réduit ces capacités de résilience. Et le statu quo est donc légitimement remis en question.

Va t-on continuer de négliger notre empreinte, en tant que citoyen, en tant qu’ entreprise, et réduire toutes nos chances de résilience jusqu’au point de déclencher notre propre effondrement?

Ou va t-on enfin sortir de l’idéologie du profit à-tout-prix, mouiller un peu sa chemise et s’attaquer aux problèmes pour améliorer ce fameux statu quo ?

 


Cette deuxième approche c’est l’impact.

 

L’impact, c’est à la fois considérer et diminuer les impacts négatifs mais aussi créer de la richesse environnementale et sociétale là où les besoins sont absolument urgents, criants. Et ce rôle-là appartient aux entreprises, entre autres.

Entendre un investisseur investissant dans une entreprise dont l’objectif est de diminuer ses GES de 5% dire qu’il ''lutte activement contre les changements climatiques''  (true story), ca confirme qu’il y a un besoin criant de faire la différence entre l'approche ESG, qui équivaut à dire ‘’ je diminue au mieux le mal que je fais’’ versus l’approche par l'impact, qui elle signifie carrément ‘’ j’apporte de réelles solutions concrètes à aux enjeux les plus urgents’’.

Dans le même ordre d’idée, va t-on un petit peu moindre prendre l’avion ou va t-on concevoir de nouveaux moyens de transport qui n’émettent pas de CO2?

Ou encore: créera t-on des pesticides un peu moins destructeurs ou va t-on enfin enclencher une agriculture qui enrichit la biodiversité et la fertilité des sols?

Va t-on continuer de recycler le plastique de nos bouteilles, ou va t-on changer nos habitudes pour ne plus avoir besoin d’emballages du tout?

Va t-on créer d'avantages de besoins inutiles pour ceux ayant un portefeuille bien garni ou va t-on apporter des produits et services de première nécessité aux personnes les plus vulnérables?

 

Donc soyons clair, l’impact doit être utilisé pour désigner la prise en compte et la maximisation à la fois de l’impact positif et négatif. Autrement, il s'agit d’impact washing. Et pour que l’analyse de l’impact d’une entreprise soit crédible, elle doit nécessairement s’appuyer sur une méthodologie dédiée à cette approche holistique, ce que les méthodologies ESG d’aujourd’hui ne font pas puisqu'elles s'intéressent aux enjeux environnementaux et sociétaux principalement pour le risque financier qu'ils représentent et non pas pour leur potentiel de résolution des problèmes à grande échelle.
 
À bon entendeur..

 


Velina Serafimov
Impact Leader Velina Serafimov


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