People of impak - Nae Vegan

Clara Leurent Clara Leurent 11 juin 2019

Quelle est la première image qui vous vient à l’esprit quand vous pensez à des souliers? Est-ce que ce serait le cuir ou l’Europe? Ça tombe bien parce qu’aujourd’hui on vous présente comment une simple histoire de magasinage a commencé à changer l’une des plus grandes industries au monde, celle de la mode, à commencer par les souliers. Comme nous l’a expliqué Paula Pérez, la fondatrice de Nae Vegan, trouver des souliers de bonne qualité sans cuir au Portugal en 2008 s’avéra un projet complexe. Elle a donc eu l’idée de lancer sa marque de souliers, d’en profiter pour devenir sa propre patronne (pour une fois) et, puisqu’elle est végétalienne, elle a décidé de fabriquer des souliers de cuir vegan. Facile comme bonjour!

 

Hum… pas vraiment. Les fabricants et fournisseurs de souliers portugais font partie d’une industrie de près de 2 milliards d’euros qui exporte presque 95 % de sa production. Pourquoi changer des techniques qui fonctionnent très bien depuis très longtemps? Qu’est-ce qui pourrait bien les amener à changer traditions et mentalité? C’est simple, la demande. Même si au début Nae Vegan a dû éduquer et former ses fabricants et fournisseurs sur les processus et les modifications d’équipements nécessaires pour traiter la microfibre, sa production est aujourd’hui plus que considérable et les artisans embrassent maintenant la cause derrière ce revirement de situation. On nous a même raconté qu’un gérant d’usine autrefois réticent annonce dorénavant fièrement à qui veut l’entendre qu’ils fabriquent bel et bien les Nae Vegan dans son usine! Et les choses commencent à changer à plus d’un niveau. La mode responsable n’est aujourd’hui plus marginale et l’entreprise participe avec fierté à l’annuel défilé de mode du Berlin Ethical Fashion Show. En plus, comme elle a toujours voulu promouvoir la mode responsable et le cuir vegan, Nae Vegan possède aujourd’hui son propre centre de connaissances (rien de moins!) où elle offre des conférences et des ateliers sur ses produits.

 

Même si tout roule pour Nae Vegan (on parle d’exportation vers 30 pays et de vente en ligne à 20 pays de plus), elle sait rester terre-à-terre. Sa production est toujours située au Portugal parce qu’elle aime se présenter sur place, saluer les travailleurs et s’assurer que tout incarne ses principes et valeurs. Elle a aussi un oeil sur le Brésil d’où elle aimerait bien importer des matériaux naturels, mais pas à n’importe quel prix (comme d’autres qu’on ne mentionnera pas 😉). Nae envisage de collaborer avec des entreprises locales, de fournir de l’aide sociale, d’améliorer les conditions de travail, etc. Elle croit que chaque partie prenante doit véritablement changer de fond en comble pour pouvoir changer l’industrie de la mode elle-même.

 

« On ne voit pas les autres marques de souliers vegan comme de la compétition. C’est bon pour nous tous. »

 

Finalement, de l’autre côté de l’océan, on aime le magnifique sens de la communauté, la vision de l’industrie de la mode responsable et, par dessus tout, la grande persévérance de Nae Vegan qui a rendu tout cela possible. Cette battante nous enseigne que de changer des habitudes et des traditions qui ne sont plus cohérentes avec le monde d’aujourd’hui est difficile, mais possible, un petit pas à la fois.


Clara Leurent
Communication Clara Leurent


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